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| | 25/06/2007 | | | | Pêche : le CES sur le point de préconiser une plus grande exploitation des richesses en Outre-mer | | | Lors de sa séance plénière des 26 et 27 juin, le Conseil économique et social adoptera un avis sur la pêche et l’aquaculture en Outre-mer, préparé par Gérard d’Aboville. Deuxième zone maritime mondiale derrière les Etats-Unis avec 11 millions de km2, la France dispose d’un «patrimoine extraordinaire» en poissons et en sous-sols marins, qui est sous-exploité selon l’ancien auteur de la traversée en solitaire des océans à la rame. Rapporteur sur le sujet, Gérard d’Aboville s’est dit «surpris» de la surcapacité de l’Outre-mer, comparée à la Métropole qui rencontre régulièrement des problèmes de ressources. | | | Pourtant la production d’Outre-mer ne représente que 50 000 tonnes de poissons alors que les navires français pêchent 600 000 tonnes par an. «Nous pourrions faire beaucoup plus, estime Gérard d’Aboville, surtout lorsque l’on sait que l’Outre-mer importe des poissons, par exemple du Venezuela, et qu’il consomme moins que la Métropole. Il existe beaucoup de marges par rapport aux emplois et à l’acquisition de protéines.» Il s’agirait de mieux exploiter les ressources en encourageant le cantonnement de la pêche à certaines zones en lagune (de façon à ce que les espèces puissent se régénérer durablement) et en poussant les pêcheurs vers une activité plus au large. Pour les aider à aller vers des zones plus prolifères, il faudrait avant tout mieux connaître les ressources, mettre en place des systèmes d’informations. La modernisation de la filière de pêche en Outre-mer s’impose également et requiert le renouvellement de la flotte, la formation des pêcheurs, l’organisation de la production et de la distribution, la mise en place d’usines de transformation du poisson sur place, l’amélioration de la commercialisation, etc. Tous ces changements ne peuvent cependant se réaliser sans la prise en compte du contexte régional pour protéger l’Outre-mer contre une «concurrence inacceptable» des pays voisins, notamment en termes de coût de main d’œuvre. Gérard d’Aboville demande des mesures dérogatoires ou des dispositions compensatoires en faveur de l’Outre-mer. Plus provocateur, l’ancien marin va même jusqu’à réclamer un débat sur le contrôle des espèces prédatrices et grosses consommatrices de poissons comme les phoques ou les oiseaux. Car le temps presse. Et la France, si elle veut assurer sa souveraineté sur son territoire marin, a intérêt à agir. «C’est juste une volonté politique. Mais pour l’instant en France, on dort.» Au risque de se voir grignoter la zone d’exploitation exclusive de ses eaux territoriales comme se fut par exemple le cas à Saint-Pierre-et-Miquelon face au Canada, en 1992. © Diagora Press 2007 | | | | | |
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